Césure   Divergence   Océan   Nature   Fovea   Marine   Travaux récents
Cesure Divergence Ocean Nature Fovea Marine NG

Lab : Le RAW, définition, utilisation et workflow.

  Avant de se demander comment développer un raw et mettre en place un worflow pour photographier systématiquement en raw, commençons par le définir et mieux comprendre si on en besoin ... ou pas ! Désolé, mais il va falloir un peu de technique...

Entre le capteur et le fichier ...
8bits ou 12bits ça change quoi ?
Développement.
Workflow (flux de travail)
Conclusion

Entre le capteur et le fichier ...

Bayer patternLa plupart des capteurs d'appareil photo numérique sont construit selon une matrice de Bayer. En effet, un même photosite ne peux pas voir les couleurs, mais seulement des photons. Ainsi, il faut filtrer les couleurs sur plusieurs photosites, et les reconstruire ensuite en intégrant les photosites adjacents pour former l'image. La luminosité, elle, est captée par tout les photosites (intensité lumineuse, ou nombre de photons captés). On voit d'ailleurs ainsi que la résolution n'est pas la même en terme de luminosité qu'en terme de colorimétrie. Il existe d'autres systèmes, comme le capteur Fovéon, qui sépare les photosites en différentes couches perpendiculaires aux rayons lumineux, mais cette technique se heurte à d'autres problèmes. De plus, l'oeil est bien plus sensible à la résolution en terme de luminosité qu'en terme de couleurs.

Luminance and color resolution impact A gauche, résolution identique en luminance et chrominance.
Au milieu, la résolution de chrominance est très inférieure (exagérément par rapport à une matrice de Bayer), pourtant l'image résultante est très proche de la première !
A droite, c'est la résolution de luminance qui est très inférieure, résultat catastrophique.
L'oeil est bien plus sensible à la résolution de luminance qu'à la résolution de chrominance.

 

RAW processPour récupérer un fichier image exploitable, il faut donc dématricer le fichier brut (interpréter la matrice de Bayer obtenue à partir des données du capteur). Cela se fait au travers d'algorithmes, différents selon qu'on utilise le DSP ( Digital Signal Processor, comme le Digic de Canon) du boîtier ou un derawtiseur externe, chaque algorithme ayant leur point fort (netteté, couleurs, moirage, bruit, etc).

Sur le boîtier, l'electronique peux générer directement un fichier raw, ou envoyer les données au DSP qui dématricera les données raw et appliquera les paramètres du boîtier en terme de balance des blancs, saturation, contraste, etc, et fournira ainsi un fichier jpg déjà traité. Le fichier raw, auquel aucun traitement n'a été appliqué, devra alors être développé sur un ordinateur grâce à un "derawtiseur", qui permettra d'ajuster au mieux chaque réglage, contrairement aux réglages pré-enregistrés dans le boîtier pour un jpg.

 

 Top

8bits ou 12bits ça change quoi ?

Question extrêmement pertinente, puisque l'énorme majorité des écrans et imprimantes est incapable de restituer plus de 8bits, sur un gamut (espace de couleurs) assez restreint. Et c'est pourtant bien là que ce situe l'un des principaux avantages du raw, qui va permettre un traitement sur la balance des blancs, saturation, contraste, exposition bien plus poussé qu'en jpg. A savoir que les dos numériques travaillent directement en 16bits, les derniers Canon 1DIII/1DsIII et 40D en 14bits, et les autres DSLR en 12bits.

Un pixel d'une image est composé de trois couches de couleurs, Rouge Vert Bleu, chaque couche pouvant contenir un certain nombre de nuances. En 8bits, chaque couche est donc codée sur 8bits (ou 8bpc, pour Bits Per Channel), soit 256 nuances de rouge, de vert, et de bleu. En effet, l'informatique étant binaire, on dispose de 8 '0' ou '1' pour coder l'information, soit 28 = 256 possibilités. Sur trois couches, on obtient donc 2563 = 16 777 216 de couleurs, soit 24bpp (Bit Per Pixel).  Par exemple, en 16bits, on a 216= 65536 nuances de couleurs par couches, soit 6553633 = 281 trillions de couleurs, ou 48bpp. Pour information, l'oeil humain discerne autour de 12 millions de couleurs, notre image 8bpc suffit donc, comme format final.

Le fait de travailler sur 12bits ou plus en raw permet, en terme d'exposition mais aussi de nuances, de choisir dans ces 12bits, les 8bits que l'on va conserver, voir même de compresser ces 12bits dans les hautes lumières et les basses lumières pour les faire "rentrer" dans les 8bits de notre format final. C'est ce qui permet de récupérer des hautes lumières cramées et/ou des basses lumières bouchées, en travaillant sur les courbes. Car même si on ne "voit" pas ces infos à l'écran, elles existent, et les derawtiseurs permettent justement de décaler ces infos dans le visible, nous offrant le choix. Alors que sur un jpg 8bit, ce travail a déjà été fait avec plus ou moins de succès par le DSP, vous ne disposez donc plus d'informations supplémentaires en dehors de ces 8bits. Le jpg ne contient donc qu'une partie des informations captées par le capteur, au contraire du raw.

8Bits ou 12BitsEn jpg, on a beau assombrir un peu pour tenter de récupérer les hautes lumières cramées, comme on n'a pas plus d'informations dans le fichier, on tombe sur un gris clair.
En raw, on voit qu'on récupère des infos en dehors des 8bits, qui amènent des détails sans passer les blancs en gris.
Exemples de retouches, identiques, sur un fichier 12bpc et 8bpc (100%crop)

Compression jpg

Même en qualité maximum, le jpg est toujours compressé, et par des algorithmes de compression destructive (contrairement au zip/lzw des tiff's). Il y a donc ici encore, perte de données, qui rendront plus délicate toute manipulation sur le fichier. Ce n'est quand même pas le coté le plus important, d'autant qu'en compression très faible les pertes sont minimes. Il faut quand même en tenir compte et régler son boîtier en compression minimum (qualité maximum), si on utilise du jpg ...

 Top

Développement.

Le RAW est donc un fichier brut de capteur, non dématricé (matrice de Bayer), non interprété par le DSP du boîtier. Il est ainsi exempt de tout traitement de netteté, saturation, antibruit etc. Il est de plus codé sur 12bits (14 ou 16 sur certains boîtiers), au contraire des fichiers jpg où les valeurs sont compressées en 8bits par le DSP selon une courbe propre au fabricant. Le jpg n'est donc qu'une partie du raw, partie choisie par le DSP du boîtier et non par vous ! Le raw offre ainsi un véritable négatif numérique, que l'on peut développer avec un derawtiseur en ajustant l'exposition, la balance des blancs, les courbes tonales, la saturation de certaines couleurs, le contraste, etc, à sa guise !

Il va donc falloir réaliser soi-même les tâches réalisées par le DSP du boîtier quand on travaille en jpg. Pour cela, de nombreux outils existent, qu'on appelle des derawtiseurs, ou dématriçeurs.

Les derawtiseurs

Il va donc falloir trouver un logiciel, un derawtiseur, pour développer vos fichiers raw. Si le choix était assez restreint il y a quelques années, il est aujourd'hui pléthorique, chacun ayant ses avantages et inconvénients, mais au final c'est surtout une histoire de goût, et/ou de coût ! Voici une liste, non exhaustive, des principaux derawtiseurs. Sachez aussi que la plupart des fabricants de boîtiers fournissent leur propre derawtiseur, comme DPP (Digital Photo Professional) pour Canon ou CaptureNX pour Nikon.

  Logiciel Editeur
Digital Photo Professional Canon
CaptureNX Nikon
LightRoom Adobe
Camera Raw (ACR) (inclut avec Photoshop) Adobe
Capture One C1Pro Phase One
Apple Aperture (Mac uniquement) Apple
Breeze Browser Breeze Systems
DxO Optics Pro DXO
Bibble BibbleLabs
RawShooter Premium/Essential Pixmantec (racheté par Adobe, voir Lightroom)
Silkypix Silkypix

J'ai personnellement testé tout les derawtiseurs ci-dessus, simplement pour être sûr de ne pas me tromper par rapport à mon utilisation. Après avoir utilisé CaptureOne qui est excellent en qualité de dématriçage mais un peu juste en fonctionnalités, j'ai utilisé RawShooter, qui offrait plus de fonctions et était très rapide et intuitif. Je suis depuis passé sur Lightroom, qui est simplement excellent en terme de possibilités, une véritable chambre noire, mais qui gère également vos fichiers avec des fonctions de catalogage. C'est également celui qui me permet d'aller beaucoup plus loin en développement et de ne quasiment plus avoir besoin de photoshop. Pour le moment, je ne vois pas ce qui pourrai me faire changer ... Mais, c'est mon avis, tout à fait personnel, et je ne peux que vous conseiller de vous faire le vôtre !

Modifications non destructives

Une autre grosse différence entre le raw et le jpg, est que dans un derawtiseur, touts les réglages de développement sont non destructifs, c'est à dire qu'ils n'affectent pas le fichier, tant que vous ne l'avez pas développé dans un autre format. En effet, les derawtiseurs n'enregistrent ni ne modifient un fichier en format raw. Ce qui veut dire d'ailleurs, que le raw a une certaine forme d'authenticité, dans la mesure où vous ne pouvez pas enregistrer un fichier dans ce format. Mais çà veut surtout dire que touts les réglages sont en fait une interprétation du fichier raw. Par exemple, Lightroom enregistre pour chaque raw un fichier nommé sidecar, en .xmp, qui contient touts ces réglages (sauf si vous décidez de les convertir en dng, qui comporte alors le sidecar). Bien sûr, en jpg, vous pouvez sauvegarder vos retouches en psd multi calques, mais le poids du fichier augmente d'autant, et surtout le fichier change entre chaque étape. Concrètement, cela veut dire que si par exemple, vous modifiez la balance des blancs sur un jpg dans les bleus, puis la modifiez à nouveau dans les rouges, la deuxième modification se fait à partir du fichier "bleu", déjà altéré ! Alors qu'en raw, c'est simplement un réglage, que vous pouvez modifier des dizaines de fois sans jamais altéré les données du fichier ! C'est un point réellement important lors du développement.

Cesure
Divergence
Ocean
Nature
Fovea
Marine
........................................
 Top Client.access
"La lumière comme pinceau"
RSS Français - English
Images et textes sont soumis à copyright, usage, distribution et reproduction publique ou privée interdite sans autorisation.
| 4478 pages vues cette semaine. | 8 visiteurs en ligne. |