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NICOLAS GENETTE | PHOTOGRAPHIE La lumière comme pinceau |
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Les coulisses ! |
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Vous êtes nombreux, lors des expositions ou de part ce site, à me poser des questions sur des aspects un peu plus techniques sur les prises de vues. Argentique/numérique, faites vous vos tirages vous mêmes, quelles focales, trépieds ou pas, en studio, des techniques particulières, etc ... Autant de thèmes récurrents que je vais essayer d'aborder ici, une petite visite dans les coulisses en somme, afin d'apporter un début de réponse. Ce qui ne nous empêchera pas d'en discuter de vive voix une prochaine fois, bien sûr.
Je baigne dans la création d'images numériques depuis plus de vingt ans, quand j'ai commencé à m'interesser à l'image de synthèse avec mon premier ordinateur. J'ai alors découvert Photoshop, 3dsmax puis les possibilités de compositing et de montage vidéo. De l'image fabriquée donc, loin de la photographie, mais qui m'a permis de développer une expertise en image numérique, colorimétrie, calibration d'une chaîne graphique, etc. Autant d'aspects qui me sont devenus naturels mais qui en rebutent plus d'un, ce que je peux comprendre. C'est seulement vers 2004 que je me mets à la photographie, après y avoir pensé pendant longtemps mais préférant tout contrôler moi même de la prise de vue au tirage, je me voyais difficilement transformer ma salle de bain en salle de laboratoire chimique... J'ai donc attendu une certaine maturité de la photographie numérique, avec l'arrivée notamment des reflex abordables, pour y passer en douceur, en l'intégrant à un savoir faire et à mon expérience. C'est aussi depuis quelques années seulement que les tirages jet d'encre sont parvenus à une qualité et à une longévité qui leur a ouvert les portes des galeries d'art et des musées. Car axé sur le qualificatif, je savais dès le début que je ne ferai jamais de posters ou de tirages de moindre qualité à 500 ou même 150 exemplaires. Tout était donc réuni pour que je puisse mettre en place un processus de qualité de la prise de vue au tirage ! Top
Le matériel.
J'utilise personnellement un boîtier Canon 1Ds mark II, plusieurs optiques fixes ou zooms, du 17 au 400mm. Indispensable pour moi, un trépieds robuste et une rotule solide et maniable (une Markins M20), et un déclencheur souple pour éviter toute vibration (avec le miroir relevé bien sûr). Top
Prises de vue extérieures.
La collection Cesure est plus "spéciale" techniquement parlant, puisque qu'exclusivement réalisée en pause longue. C'en est le thème fondamental, une vision intemporelle, une pose du temps, d'ailleurs invisible sous cet aspect dans la réalité. Ces photographies sont prisent avec des temps de pause entre 20 et 30 secondes, donc forcément sur trépieds. Top
Prises de vue en studio.
Certaines photographies sont prises en studio, notamment les collections Fovea et Divergence. Je n'ai pas forcement de préférence pour le studio, mais je m'y retrouve, seul, tranquillement, un peu comme un metteur en scène. L'approche du cadrage reste la même, bien qu'à des distances de travail beaucoup plus rapprochées, quelques fois de l'ordre du mm. Mais tout le travail sur la lumière, leur placement, leur puissance, leur qualité, procure d'autres sensations, peut être plus chirurgicales. Le matériel photographique, en dehors du matériel de studio, reste le même, avec l'ajout d'optiques plus dédiées comme le 90TSE. Les photographies rapprochées (macro) demandent par contre des ouvertures très faibles pour conserver une certaine profondeur de champs. Ce qui met en exergue un problème courant : les poussières ! Il faut donc aussi s'y connaître en nettoyage de capteur ! Top
Développement.
Tout le travail de développement se fait alors sur l'ordinateur et non plus sous l'agrandisseur (position somme toute plus confortable !), avec des logiciels spécialisés dans le développement de ces fichiers, comme Lightroom. Ces logiciels permettent de contrôler l'exposition, le contraste, la température de couleur, de passer en noir et blanc, mais ne sont pas des logiciels de retouche. Je ne fais aucune retouche ensuite, utilisant photoshop uniquement pour mieux contrôler la qualité d'impression. Si une photographie est ratée, ce n'est pas photoshop qui la rattrapera, mais bel et bien une autre prise de vue ! Le développement est une phase cruciale du processus à plus d'un titre. D'abord parce qu'il permet d'orienter la prise de vue vers la vision et les sensations perçues lors de cette prise de vue, de part le choix par exemple du noir et blanc, du format carré, d'un contraste élevé, etc. Mais c'est aussi la qualité technique de celui-ci qui permettra de sortir des grands tirages de qualité, en terme de transitions tonales, de grain, de densité des noirs, etc. Car sur un grand tirage, le moindre défaut se voit, il faut réaliser le développement en ce sens. Les tirages.
Réaliser de tels tirages demande un certain investissement et une rigueur importante. Prise de vue et développement sont orientés dès le départ pour le tirage. Il faut ensuite travailler sur un écran reproduisant la gamme de couleurs et de contraste des papiers, calibré avec une sonde afin de s'assurer des valeurs qu'il affiche. Il faut ensuite réaliser des profils colorimétriques par couple encres-papier pour étalonner celui-ci, et ainsi être sûr que tout au long de la chaîne, la photographie sur laquelle on travaille sera restituée fidèlement sur le papier, avec un maximum de profondeur. Les tirages eux même sont réalisés dans les règles de l'art, sur des papiers d'art sans acide, sélectionnés pour leur rendu et leur tenu dans le temps. Le procédé d'impression est celui de la Digigraphie, sur Epson grand format avec des encres pigmentaires. Ces encres, encapsulées, conservent leurs propriétés dans le temps. Ce procédé, sur de tels papiers, permet de réaliser des tirages qui tiennent plus de 100 ans. Enfin, chaque tirage est ensuite daté et signé, avec un crayon également à encre pigmentaire, et accompagné d'un certificat d'authenticité Hahnemühle (filigrane infalsifiable), reprenant la date du tirage, le titre de la photographie, le papier utilisé, etc.
Conclusion.Voilà, ce petit tour dans les coulisses se termine. J'espère avoir répondu à quelques unes de vos questions, et je le compléterai de temps en temps. Le numérique offre de grandes possibilités de traitement, mais ce n'est pas parce qu'on peux le faire qu'il faut le faire. J'ai choisi le numérique parce que je baignais déjà dedans avant la photo, mais avec les années, je me rend compte que j'ai finalement une démarche très argentique, voir photographie à la chambre ! Je préfère soigner la prise de vue que passer des heures sur un ordinateur. Le reste est alors une question de vision, de soin, et de rigueur dans les procédés. Tout cela demande certaines compétences et beaucoup de temps, mais me permet au final de fournir un travail de qualité, et de partager ce que je ressens avec vous. Un rapport complexe avec la technique, mais en photographie et dans l'art en général, je dirai même dans la vie, quoi de plus important que le partage et l'échange ? Merci à vous. Nicolas Genette, le 24 Avril 2010 "S'il est vrai que je suis poète par la grâce de Dieu - ou du diable -, je le suis aussi par la grâce de la technique et de l'effort." |
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