Griffe NICOLAS GENETTE | PHOTOGRAPHIE
La lumière comme pinceau
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Quelques parutions ...

markerNovembre 2010, Exposition galerie d'art La sirène (Ouest-France)

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Bernard Bouinmarker Deux interrogations sur le temps à la Sirène - Le Mans

Ce n'est pas un hasard si Bernard Bouin, peintre, et Nicolas Genette, photographe, exposent ensemble actuellement à la Galerie de la sirène. Ces deux Vannetais, qui se connaissent, ont en commun leur interrogation sur le temps. Bernard Bouin présente quelques toiles de ses séries Le temps suspendu : Le temps et la nature et Rivages.

Nicolas Genette expose un travail photographique qui s'étend sur deux ans intitulé Césure : un terme qu'il a choisi car au bord de l'eau - celle du Morbihan ou de Noirmoutier - le temps s'arrête pour permettre de prendre un peu de recul sur soi et sur l'environnement.

Jusqu'au samedi 4 décembre, à la galerie de la Sirène, 1, rue Jankowski (2 e étage) les jeudis, vendredis et samedis de 15 h à 19 h et sur rendez-vous. Tél. 06 09 60 38 69. Entrée libre.

Source : OuestFrance

 

markerMai 2010, publication de différentes photographies des collections "Divergence" et "Nature", dans le n°4 de la revue Dualité (Rubriques "Lumiere" et "Les Echelles").

markerAvril-Mai 2010, Festival international Photo de Mer : articles et interviews (Ouest-France, France3, Le Telegramme, etc.)

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Cesure - Penbochmarker Le photographe vannetais présentera au bastion de Gréguennic ses images sans concession du Golfe du Morbihan.

Nicolas Genette aime les jeux de lumière et de vitesse. Pendant quinze ans, il a participé à des compétitions de haute tenue en voile. Avec délectation pour ces moments suspendus de la glisse.
Photographe, il court l'estran, la côte qu'il a si souvent longée à pleine vitesse à bord de dériveurs, comme le si rapide 18 pieds australien... « C'est un sport complet, physiquement et mentalement, qui apporte beaucoup et ouvre les yeux et le coeur sur l'environnement. »
Avec Nicolas Genette, c'est la première fois qu'un photographe vannetais expose au Salon de la photo de mer. À 34 ans, ce professionnel de l'image, infographiste, directeur technique de Kréaction, se délecte des lignes d'horizons. Patient, il saisit le frémissement léger de la vague quand elle vient se perdre sur la grève dans l'attente d'une mer étale, d'instants de silence.
Ce navigateur qui a connu les émois des semaines olympiques, l'ivresse des championnats du monde, se pose aujourd'hui pour de longs instants de grâce au bord du Golfe. Une singulière maturité.
À Vannes, il exposera, au bastion de Gréguennic, la série baptisée Césure. Moins abstraite que certains de ses travaux.
« Le sujet en lui-même ne m'intéresse guère, je préfère le questionnement qu'il peut m'apporter ». Un travail qui peut ouvrir des portes « vers d'autres réalités ».
Césure présente des photos prises sur le Golfe. « Césure comme une césure du temps qui dit le calme, la sérénité du bord de mer. »

Source : Bruno JEZEQUEL, OuestFrance

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marker Dans le monde de la photo il y a ceux qui vont trés loin et ceux qui photographient devant leur porte, ceux qui figent l'instant et ceux qui se passionnent pour le temps qui passe. Rencontre avec l'un des photographes qui expose à Vannes jusqu'au 2 mai, Nicolas Genette.

Interview télévisée France3

Source : France 3

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marker La mer, césure du temps, Nicolas Genette
Né en 1976 au bord du Golfe du Morbihan, Nicolas Genette grandit entre les plages de l'île de Houat et l'Auvergne. Attiré par la création, c'est avec l'image de synthèse que se construit une partie de sa carrière professionnelle, tandis que son goût très prononcé pour le questionnement philosophique l'oriente, personnellement, vers la photographie artistique. Figées, comme placée hors du temps, les photographies qu'il présente lors de ce festival de la Photo de Mer mettent en lumière sa vision du Golfe du Morbihan. Une vision esthétique et intemporelle, « une cesure du temps où le quotidien s'évapore et où l'essentiel réapparaît ».

Source : Vannes Mag, Avril-Mai 2010.

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Photodemer 2010 - Vannes Mag marker Au gré des commentaires glanés auprès du public et des impressions consignées sur le livre d'or du festival, il semble que deux expositions ont particulièrement marqué les esprits cette année : celle de Nicolas Genette sur les rivages envoûtants du Golfe du Morbihan (au bastion de Gréguennic) et celle de Jean-Philippe Charbonnier, sur l'Île de Sein (Quai Tabarly).

Source : Vannes Mag, Mai-Juin 2010.

 

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marker La mer, pour « m’exprimer librement »

Le festival de la Photo de Mer reprend ses quartiers à Vannes pour la sixième année consécutive, du 9 avril au 2 mai. Des rives du Port au bastion de Gréguennic, en passant par les remparts, ce ne sont pas moins de 10 expositions de clichés "grand format’’ qui sont offerts aux yeux des visiteurs. Parmi les photographes à l'honneur figure Nicolas Genette, le « local » de l'étape, puisqu'originaire des bords du Golfe du Morbihan signe une belle exposition « La mer, césure du temps » Entretien.

Pouvez-vous nous présenter votre parcours, et votre passion pour la photo ?

Cela fait maintenant 20 ans que je travaille dans l'image numérique, l'animation, le graphisme. Et depuis 6 ans, je me suis lancé dans la photo. Ma démarche a coïncidé avec l'avènement de la photo numérique. Je pense d'ailleurs que c'est le numérique qui m'a amené à la photo. Photographier me permet de m'exprimer librement, loin des contraintes de la vie professionnelle. Je réalise mes clichés au gré de mon inspiration et de mes humeurs. Si les idées ne viennent pas, je ne photographie rien ! Je fonctionne au ''feeling’’.

Que voulez-vous faire passer auprès du public avec vos clichés issus de la collection « La mer, césure du temps », exposée en ce moment à Vannes, dans le cadre du Festival de photos de mer ?

Je ne cherche pas du tout à faire de la photo de paysages, à montrer les lieux tels qu'ils sont. Je préfère rester dans des clichés qui suggèrent, avec une atmosphère, des impressions qui s'en dégagent, un côté « poétique ». Je souhaite que le public se pose des questions à travers mes photos. La mer sert de support pour s’interroger sur soi, sur nous, et aussi notre environnement, de moins en moins respecté. Avec ces photos du Golfe, je veux questionner la notion de « temps ». Le temps qui rythme nos existences, qui passe, qui est passé, et le futur, comme l'eau qui coule inéluctablement.
Exposer permet aussi de partager une vision avec les visiteurs, d'échanger avec eux. C'est d'autant plus vrai dans un festival important comme celui de Vannes, où les photos sont en accès libre.

Vous parlez d'environnement. C'est une question importante pour vous, qui semblez être par ailleurs très attaché au Golfe du Morbihan?

C'est vrai que je suis né ici, et que je souhaite rester vivre ici. C'est une région que j'affectionne particulièrement. C'est d'ailleurs très agréable de montrer son travail chez soi !
On peut dire que je communique ma passion pour la mer via mes photos. Je connais d'ailleurs très bien le littoral et la mer, puisque j'ai beaucoup navigué. La mer me permet de me ressourcer. Le Golfe est également un endroit formidable, dans sa globalité. Il y a des lumières, des ambiances vraiment uniques. Il faut protéger toute cette nature. A travers mes photos, j'ai aussi la volonté de sensibiliser le public au respect de l'environnement, au sens large, mais aussi au respect des personnes. La situation environnementale est de plus en plus catastrophique. Je ne veux pas être alarmiste, mais je souhaite permettre aux gens de se poser des questions sur le monde qui les entoure. S’ils le font, mon objectif est alors atteint.

Source : Bretagne Durable

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Photodemer 2010 - Le Telegramme marker Le festival Photo de Mer se poursuit jusqu'au 2mai àVannes. Parmi les expositions à découvrir, «La mer, césure du temps» réalisée par Nicolas Genette. Rencontre avec cephotographe vannetais de 34ans.

Pourquoi avoir intitulé cette série de photos «Césure»? Quand on se promène au bord de l'eau, c'est une pause salutaire accordée au temps. Aujourd'hui, on a une vie assez chronométrée. On apprécie d'aller voir la mer quand on a envie de se ressourcer. On laisse son quotidien de côté.

En même temps, ces photos prises autour du golfe du Morbihan ont aussi une dimension plus dénonciatrice, pour faire prendre conscience aux gens que l'on est dans une région formidable et qu'il faut la préserver au maximum.

Quel effet cela vous fait-il de les voir exposées au Bastion de Gréguennic? C'est très sympa, surtout que l'endroit s'y prête totalement. C'est un lieu fermé et intimiste, qui colle bien pour des photos oniriques et poétiques. Les autres expositions sont plus orientées comme des reportages photographiques et conviennent mieux pour des lieux de passage.

Depuis quand êtes-vous passionné par la photographie?
J'ai commencé par l'image de synthèse il y a vingt ans, avant de me mettre à la photo depuis six ans. La photo me permet d'être plus proche de la réalité et du monde, même si je reste assez proche de la peinture dans la démarche. La photo reste de l'expression libre, l'occasion de partager un regard.

Comment se passent vos séances de prises de vue?
Je prends mes photos avec un appareil numérique sur trépied et en pose longue, ce qui donne ce flouté sur la mer, comme un effet de brume. Je ne suis pas un adepte du mode rafale, loin de là. Je fais ma sélection directement à la prise de vue. Cela m'arrive même de partir toute une journée et de ne pas déclencher une seule fois, si je ne le sens pas.

Retravaillez-vous beaucoup vos photos ensuite?
Non, je ne fais pas de retouche à part au niveau de la couleur. Au départ, je voulais faire du noir et blanc, mais c'était vraiment sombre, presque angoissant. Alors, j'ai choisi ce vert-jaune qui donne un côté mélancolique.

Pratique «La mer, césure du temps», jusqu'au 2mai au Bastion de Gréguennic. Visites guidées des expositions Photo de mer samedi à 15h (départ musée de la Cohue) et dimanche à 15h (départ kiosque culturel). Gratuit.

Source : Le Telegramme

Photodemer 2010
Inauguration avec Tangi Kermarrec. Visite avec le Maire François Goulard et ses adjoints David Robo et Gabriel Sauvet.
Photographies François Le Divenah.

markerOctobre 2009, Salon de la Photo, Paris (15-19) : exposition d'une des photos de la série "Fovea", "Laitus 3" sur le stand Hahnemühle.

markerJuillet 2009, publication d'un portfolio, i-galerie "DeVisu".

markerJuin 2009, "La photographie d’art vue par Nicolas Genette", par Maxime, photovore.fr.

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CesureDécouvrez cette semaine l’interview du photographe Nicolas Genette, spécialisé dans le tirage d’art. Amateur de belle chose, Nicolas Genette est un photographe talentueux qui a le don de vous transporter à travers ses photographies. La nature est son intuition et la photo révèle son imaginaire, sa poésie, sa vision réelle ou irréelle. Penchez vous d’un peu plus près sur ses réalisations et laisser cour à votre imagination, laisser vous guider par votre curiosité ! Dès le premier regard, vous êtes plongé dans une atmosphère zen et délicate, pure et minimaliste, un environnement qui vous laisse songeur, un art photographique maîtrisé du bout des doigts par Nicolas…


- Bonjour Nicolas, pouvez-vous décrire rapidement votre parcours ?
NatureBonjour Maxime, Cette passion vient de loin, même si la photographie en tant que telle est une passion assez récente. J’ai toujours été curieux et observateur, et très réceptif à certains détails, certaines lumières, des ambiances somptueuses ou troublantes, des graphismes. Et j’ai toujours eu envie de partager ces émotions, j’ai donc été attiré très tôt par l’image. Je me suis d’abord orienté vers l’image de synthèse, car je voulais tout contrôler, la scène, la composition, la lumière, le rendu. Et forcement, dans ce métier, il faut s’inspirer du réel, de la lumière, comprendre la nature des choses avant de chercher à les reproduire. J’ai commencé à utiliser des reflex numériques dans ce cadre, et peu à peu, la photographie comme mode d’expression à part entière s’est imposée à moi. Un besoin de partir du réel, du monde tel qu’il est et tel qu’on peut le percevoir, m’y a doucement poussé, sans forcement m’en apercevoir. Et je me rends compte depuis quelques temps déjà que depuis le début, c’est vers çà que j’allais. Je m’y retrouve entièrement aujourd’hui, dans une approche beaucoup plus pure et traditionnelle, où l’informatique n’a pas sa place dans la captation du moment. Une réelle communion avec les éléments.

- D’où provient cette attirance pour la nature et la photographie abstraite ?
NatureLa nature, j’y ai grandi, j’ai appris à la connaître, à l’apprécier, et je lui dois énormément, encore aujourd’hui dans mon équilibre de tous les jours. Elle peut être somptueuse, gracieuse, mais aussi très dure, et parfois fragile. Il m’arrive souvent d’aller caresser une plante, toucher un arbre, le ressentir… Il était normal, je pense, que j’essaye d’en montrer quelques morceaux. J’aimerai aussi que plus de gens la comprennent, pour eux-mêmes au quotidien, aussi pour l’avenir de la nature et de la planète, donc de l’homme. Comprendre la nature, l’aimer, c’est la respecter, et j’aimerai que beaucoup plus de gens la respectent !
Le coté abstrait, honnêtement je ne sais pas. J’ai toujours remarqué certaines formes, certains graphismes qui provoquaient en moi des émotions. La vie m’a laissé pas mal de blessures pour lesquelles les mots ne suffisent pas, et j’y ai trouvé un moyen de les faire sortir. Peut-être une sorte de thérapie ?

- Pouvez-vous nous parler de votre région, votre espace photographique ?
FoveaJe suis né et vis encore aujourd’hui en Bretagne sud, une région que j’affectionne particulièrement. C’est un endroit impressionnant de diversité, autant dans les paysages que dans les lumières, un endroit où je me sens bien. J’ai énormément navigué dans la région, je connais très bien les îles, et je parcours maintenant le littoral à pieds. Pour autant, ce n’est pas forcement la Bretagne elle-même que j’essaye de montrer, mais plus la nature au sens large, la globalité des choses. Je vais d’ailleurs de plus en plus loin pour trouver d’autres sources d’inspiration. Mais mon espace peut aussi se former en studio, pour s’épanouir sur 2mm² d’une aile de libellule…

- Qu’est ce qui vous a poussé dans la photographie d’art plus que dans la photographie de nature classique ?
Rien ne m’y a poussé, je ne l’ai pas vraiment cherché. Je porte simplement un regard sur les choses, j’essaye de partager une certaine curiosité, le reste ce n’est pas moi qui le contrôle. Je n’ai jamais eu envie de photographier telle chose ou tel endroit, plutôt des impressions, des sensations, des choses qui nous font réfléchir. Je cherche toujours à aller plus loin que le sujet, à ne pas m’y arrêter, ne pas rester dans la contemplation. Et au final je m’y sens bien, donc j’y reste ….

- Votre objectif est il de vous consacrer essentiellement aux tirages d’art ? Ou aimeriez-vous vous exprimer via un autre thème photographique ?
J’ai eu pas mal de temps pour y réfléchir ces dernières années, et oui, je me consacre et me consacrerai uniquement aux tirages d’art. J’aime les belles choses, je préfère l’artisanat et le fait main aux productions industrielles. Je préfère donc me consacrer à des tirages en petit nombre, que je peux prendre le temps de soigner. Çà me correspond aussi, quand je regarde mon parcours, même en dehors de la photo, j’ai toujours été sur de petites productions soignées, voir uniques. C’est principalement pour çà que mes photographies sont disponibles en peu d’exemplaires. Dans la même logique, je ne souhaite pas non plus faire de reproductions. Aussi par éthique vis à vis des acheteurs qui achètent un tirage limité, qui ne souhaitent pas retrouver cette photographie reproduite à des centaines d’exemplaires dans des grands magasins.

- Quel est votre statut de photographe ? Vivez-vous de votre passion ?
Je suis ‘auteur photographe’, enregistré aux Agessa. Je n’en vis pas encore entièrement, et je conserve une activité dans une société que j’ai co-fondée, en image et animation de synthèse, qui reste une passion. Çà me permet aussi de travailler en équipe, ce qui reste très enrichissant par rapport à une démarche artistique très solitaire, j’ai besoin des deux en fait, une sorte d’équilibre.

- Quels matériels photos utilisez-vous et comptez-vous évoluer ?
OceanJe travaille en 24×36 numérique, de marque Canon. Actuellement, avec un EOS 1DsII, et j’oscille entre 17 et 400mm suivant les inspirations du moment. Sincèrement, le matériel m’importe peu, du moment qu’il ne me limite pas. Et avec l’offre des principaux fabricants, je pense que tout le monde peu trouver son bonheur. Çà reste qu’un outil. J’ai aussi un studio, avec trépieds, flashes, réflecteurs, fonds etc. Suivant l’inspiration, je m’enferme ou au contraire je sors respirer …
Je réfléchis de plus en plus à monter un dos moyen format sur une sinar P, pour aller encore plus loin dans le contrôle de la prise de vue grâce aux bascules. Mais le budget me calme un peu pour l’instant… Sans doute la prochaine grosse étape !

- Quels sont selon vous les grands avantages des appareils photo reflex plein format ?
Pour ma pratique, qui ne concerne pas les hauts ISO (je suis toujours entre 50 et 100 ISO), c’est d’abord le rendu qu’apporte la taille du capteur. Plus le capteur (ou le film) est grand, meilleur c’est, pour le velouté, les transitions, la profondeur de champ, tout ce qui fait le rendu pur de l’image. Ensuite la résolution pure, le fait de pouvoir avoir une haute résolution tout en conservant des gros pixels, car tous les pixels ne naissent pas égaux. Et donc en conséquence, la possibilité de faire des tirages grand format de qualité, chose sur laquelle je suis intransigeant.

- Quels matériels informatiques, accessoires, logiciels, utilisez-vous ?
NatureJe suis depuis toujours sur PC. Je connais extrêmement bien l’outil puisque j’ai été monteur puis administrateur réseau, j’y suis donc resté. J’utilise uniquement deux logiciels, Lightroom (dont je suis aussi bêta-testeur) pour le développement, et Photoshop uniquement pour la mise au format, l’accentuation, et l’impression. Coté matériel, peu de cartes mémoire car je déclenche très peu, et des disques durs pour les sauvegardes.

- Quel regard avez-vous sur le matériel photo et quels sont, selon vous, les plus belles évolutions de ces dernières années ?
L’accessibilité en terme de prix, surtout concernant les reflex pleins formats, et maintenant haute résolution. Les objectifs ont bien évolués aussi ces dernières années, mais les fabricants n’avaient pas vraiment le choix, à force de mettre des capteurs de plus en plus exigeants derrière. Mais ce qui a vraiment évolué, se sont les tirages jet d’encre ! Les encres, les papiers, les processus de calibration, c’est une suite créative de la prise de vue, et toujours un réel plaisir ! Et avec une longévité inégalée ! On arrive finalement à un point où le matériel ne fait plus la différence, et c’est tant mieux. La photographie n’est pas une question de matériel, mais d’œil, de cœur!

- Comment travaillez-vous ? Au feeling ou observez-vous longuement vos sujets avant de photographier ?
OceanJe travaille vraiment au feeling, à l’instinct. C’est plutôt le sujet qui vient à moi, j’ai ensuite besoin de m’en imprégner, de rentrer dans son espace, une sorte de communion. Çà ne prend pas forcement longtemps, mais c’est très important, d’ailleurs je suis généralement seul dans ces moments là. J’ai aussi appris à ne plus m’inquiéter du manque d’inspiration, qui peut rendre très anxieux. Je ne force jamais, si rien ne vient, je ne prends rien. Il m’arrive ainsi de ne pas faire une seule prise de vue pendant 3 mois, puis un matin, sans savoir pourquoi, quelque chose attire ma curiosité, et c’est reparti ! Au début j’avais beaucoup de mal à accepter ces périodes « sans », surtout à se demander si çà allait revenir un jour… Puis çà revient, alors je ne m’inquiète plus…

- Jusqu’à quel point vous autorisez-vous à retoucher vos photos ?
Je ne retouche pas au sens propre du terme. Je ne rajoute ni n’enlève d’éléments, je développe simplement la prise de vue : exposition, contraste, couleurs ou N/B, éventuellement virage. Je suis très loin de ce que certains s’autorisent sous un agrandisseur, par exemple. Le cadrage permet déjà tellement de liberté et oriente énormément la vision, alors si en plus on retouche, çà devient de l’infographie. Métier que je connais très bien puisque je baigne dedans depuis plus de 15ans, et çà ne m’intéresse pas en photographie.

- Dans votre série de photos Césure, avez-vous modifié les couleurs via un logiciel ou directement avec votre boîtier ?
CesureC’est effectivement un virage, réalisé dans Lightroom lors du développement du Raw. Je cherche toujours à avoir la prise de vue la plus neutre possible. Bien sûr certains filtres sont inévitables, comme les Neutral Density ou les polarisants. Mais plus le fichier est propre au départ, meilleur sera le tirage à l’arrivée. Et l’important, c’est le tirage !

- Combien de photo avez-vous dans votre photothèque, et comment les stockez-vous ?
A peu près une centaine de photos, celles qui sont sur mon site en fait. On ne peut pas vraiment parler de photothèque, et je ne le souhaite pas d’ailleurs. Je stocke les fichiers raw, les fichiers prêts à imprimer, et certaines données sur un système RAID en mirroring, sur un disque dur externe à disposition, et sur un autre disque dur externe placé dans un autre endroit, en sécurité. Je garde très peu de shoot en dehors des photographies qui sont finalement proposées, je n’ai jamais aimé garder des choses qui ne servent pas.

- Dans quels formats d’images travaillez-vous, en JPEG ou en RAW et pourquoi ?
Je travaille exclusivement en Raw, je ne me souviens même pas la dernière fois que j’ai pris un Jpeg… Simplement parce que c’est le fichier le plus neutre et le plus complet possible issu de la prise de vue. Surtout en termes de dynamique. Les automatismes et bidouillages du boîtier, quel qu’il soit, ne m’intéressent pas, je préfère garder la main. Et le Raw permet une grande liberté en terme d’exposition, de balance des blancs, et de développement en général sans sacrifier la qualité. Inversement c’est un format qui demande à être développé, puisque la photo n’existe pas tant qu’on ne passe pas par un dérawtiseur. Un peu comme du temps de l’agrandisseur. Comme je fais très peu de prise de vue et que je soigne le développement, cela correspond tout à fait à ma manière de fonctionner.

- Quels sont les cinq règles ou conseils que vous donneriez aux lecteurs de Photovore pour réussir une bonne photo ?
Pourquoi vouloir toujours mettre des règles partout ? La photographie, c’est la liberté. La seule contrainte, c’est la cadre ! Le principal, c’est le regard, la curiosité, ce qu’on a en soit, ce qu’on a à donner, à partager. Après, vous prenez un pinceau, une plume, un appareil photo… A vouloir faire dans les règles, on fait souvent du banal ! Et ce n’est certainement pas à moi de donner des règles !

- Qui distribue vos photos, travaillez vous avec une ou des agences photos ? Vos clients sont ils essentiellement des particuliers ?
Mes principaux clients sont des particuliers, amateurs d’art ou simplement de belles choses. Également des entreprises, et des architectes d’intérieur qui ont une démarche plus globale de l’approche d’un lieu. Je ne passe pas par des agences, puisque je n’ai que des tirages limités à proposer. Je m’entoure de personnes de qualité, qui me placent sur des expositions ou des salons. Et je les en remercie, elles se reconnaîtront, et savent que je les apprécie, avant tout pour leurs qualités humaines. La photographie m’aura apporté quelques belles rencontres, qui me sont chères et qui j’espère, resteront.
Je souhaite par ailleurs m’étendre à l’international, en Europe mais aussi aux États-Unis, au Japon. Mais rencontrer les bonnes personnes n’est pas simple, et je cherche toujours des agents et des galeries pour promouvoir mon travail, en France et à l’étranger. Je ne suis pas quelqu’un de prétentieux, mais je ne manque pas d’ambition. Et oui, c’est un appel (rires) !!

- Que pensez-vous et quel regard avez-vous sur la photographie d’aujourd’hui ?
La photographie aujourd’hui est très diverse, et en parler relève du funambulisme ! Entre la photo de sport, le reportage, la mode, l’art, les métiers et leurs perceptions par le grand public, c’est si vaste. La photographie se démocratise énormément, ce qui a du bon dans la diversité et la découverte de nouveaux regards, mais aussi du moins bon concernant certains marchés où il est devenu extrêmement difficile d’en vivre. Beaucoup pensent qu’il suffit d’acheter un reflex et d’appuyer sur le déclencheur pour devenir photographe, comme si le fait d’acheter un piano faisait de nous le futur Mozart !

- Quel est votre regard sur les banques d’images et microstocks qui vendent des photos à 1€ ?
FoveaJe conçois que des amateurs soit fier de mettre des photos en vente. Mais déjà le fait de les vendre à quelques centimes d’euro montre l’estime qu’ils ont de leurs photos et d’eux-mêmes. Ensuite, çà donne une image pas cher et facile de la photographie, qui retombe forcement sur toute la profession de reporters et consort, et ceux là ont une famille à nourrir, c’est leur métier ! Vous diriez quoi si j’allais proposer à vos clients de faire votre boulot pour 1€ ? J’ai l’impression qu’aujourd’hui, sur ce type de photos, c’est le client qui fait le prix, et on sait tous où çà mène. Çà me gêne d’autant plus quand ces clients sont des grands groupes de distribution qui ont les moyens, ou des grands groupe de presse qui étaient autrefois à l’origine de plusieurs grands noms de la photographie de reportage. On aimerai tous payer notre lait 10ct€ le litre, mais on sait tous que çà ne peut pas marcher … La qualité s’en ressent déjà, et j’espère que demain il restera des photographes de qualité, dont c’est le métier et l’expertise, mais je n’en suis pas sur !

- Comment décrivez-vous votre approche de la lumière ?
Tout revient toujours à la lumière. Une couleur, une ambiance, le dessin d’un volume, d’un contour, la diffusion d’une ombre, le rendu d’une matière, la densité d’une atmosphère. C’est la lumière qu’il faut travailler, en studio où on dispose de pléthore de flashes et d’accessoires, ou attendre le bon moment en lumière naturelle. Son orientation, son intensité, mais surtout sa qualité. Et puis, sans lumière nous ne sommes rien, même en tant qu’être vivant. Pas mal pour une particule de masse nulle …

- Utilisez-vous des techniques photos particulières, comme la pose longue ? Si oui, pouvez-vous nous expliquer en quoi consistent ces techniques ?
Je n’ai pas vraiment de technique particulière, en tout cas rien de bien révolutionnaire ! J’utilise effectivement la pose longue, surtout pour la collection Césure qui est basée là dessus. J’apprécie le rendu de cette technique, la compilation d’une grande quantité d’instants que personne ne peux voir en un tout, et qui forment justement un autre tout. Je l’utilise sur l’eau, et j’ai commencé aussi, l’an dernier, à l’utiliser sur le vent lui-même, dans des feuillages par exemple. Je photographie dans 90% des cas sur trépied. Cela me permet de contrôler l’ouverture que je souhaite et de travailler toujours en basse sensibilité, pour une qualité optimale.

- Vos photos dégagent des émotions douces et poétiques, utilisez-vous naturellement ce style ?
Oui au sens littéral du terme. Du fait que çà vient de moi, de ce que je ressens, je ne cherche pas à suivre un style ou une route, je fais ce qui me traverse au moment où je le fais. Et c’est vrai que je suis tellement complexe, paradoxal et bourré de questions, peut-être que finalement voir le monde sous une forme poétique me rassure ? Il est vrai aussi que dans une société où nous sommes constamment en compétition, sous stress, avec de moins en moins de temps pour méditer, je pense que cette façon de voir les choses m’apporte, et peux apporter à d’autres, un peu de sérénité. Je ne veux toutefois pas tomber dans le « tout est beaux », car même si je reste persuadé qu’on peut voir la beauté et la poésie partout, il ne faut pas non plus être naïf et innocent.

- Même si cette question reste difficile, quelle est votre photo préférée, votre plus beau souvenir ?
DivergenceEn effet, question difficile ! Il y en a plusieurs, car avant de prendre des photos, je les vis, elles sont rattachées à quelque chose, à des moments de questionnement, de curiosité, de contemplation, de perplexité… Des fractions de vie en somme. Et puis elles vivent ! J’en ai forcement quelques-unes aux murs, et plus je les vois, plus elles m’emmènent loin et ailleurs. C’est finalement assez curieux de créer quelque chose suite à des émotions, pour que cette création provoque à son tour de nouvelles émotions. Mais je crois que je suis particulièrement attaché à la collection Divergence, parce qu’elle m’est très personnelle. Se sont pourtant des images très dures, qui viennent d’un coté assez noir, de certaines blessures profondes. Mais libre à chacun d’en faire son interprétation.

- Avez-vous déjà été confronté à des situations atypiques, avez-vous des anecdotes ?
Pas forcement en prise de vue, même s’il y a toujours des moments cocasses. Je me suis souvent fait prendre pour un fou, en extase devant des choses qui paraissent insignifiante. Mais çà a toujours été alors je me suis fait une raison.

- Selon « Nicolas Genette », quelles sont les caractéristiques d’une photo réussie ?
Quand on garde les yeux dessus mais qu’on ne la regarde plus, elle ne doit pas être loin d’être réussie… Comme une fissure de l’espace-temps dans laquelle on a envie de plonger.

- Ou puisez-vous votre inspiration ? Avez-vous des photographes de référence ?
FoveaJe n’ai pas de référence, et je ne fais pas de recherche, ou alors plus littéraires que photographiques. Ce qui m’inspire, c’est le monde, la vie, ce qui nous arrive, l’avenir de ce monde et de la planète, de notre société qui nous apporte tant et en même temps nous prive de plus en plus de l’essentiel. Surtout des questions existentielles en fait, mais sinon çà va (rires) !! J’ai vécu beaucoup de choses, dans beaucoup de domaines différents, et étant une véritable éponge des sens, je ne peux pas garder tout çà pour moi. J’ai essayé de les dire avec la musique, j’ai longtemps songé à l’écriture, mais finalement c’est bien dans l’image que je m’épanoui. Alors j’y reste …

- Quels sont vos actualités à venir, exposition, reportage, voyage, livre, etc. ?
J’ai actuellement trois expositions en cours, une au Parlement de Bretagne jusqu’au 30 juin, le Mois de la Photographie à Dol de Bretagne jusqu’au 21 juin, et le festival de la Gacilly jusqu’à fin septembre. Une autre exposition commencera fin juillet à Redon, pendant un mois et demi. D’autres expositions sont en pourparler.
D’un autre coté, de plus en plus de personnes m’encouragent à faire un livre, et j’y réfléchi. Peut-être sous forme de recueil annuel des diverses collections, tiré à peu d’exemplaires, de qualité. J’aimerai mixer différents papiers, mats et brillant, mais dans un livre ce n’est pas facile, ou alors à des budgets conséquents. Je veux faire les choses bien, alors je prends le temps d’y réfléchir, je n’ai pas encore arrêté de décision …
J’aimerai aussi refaire des prises de vue aérienne, il y a beaucoup de choses à faire coté graphisme … Et puis, je travaille depuis quelques mois sur une nouvelle collection, dans un style très abstrait et coloré mais toujours épuré. J’ai déjà quelques prises de vue, et si l’idée suit son cours, je pense les proposer en grand format, sur toile, et en exemplaire unique. A suivre …

- Pour finir, avez-vous une remarque à faire sur le site Photovore.fr et aux lecteurs de Photovore.fr ?
Je connais Photovore depuis peu, et j’avoue que c’est un site bien fait, propre, avec du contenu intéressant et une ergonomie simple et claire. Un site sérieux qui ne se prend pas au sérieux, alors ne changez rien ! Et je finirai là dessus : oubliez un peu le matos, l’essentiel n’est vraiment pas là… Un grand merci à toute l’équipe, que du bonheur, et j’espère à très bientôt !

Merci Nicolas d’avoir répondu à nos questions, ce fut également un réel plaisir pour nous de découvrir votre univers.

Source : Photovore

markerMai 2009, publication d'un portfolio sur Photophiles.

markerDécembre 2008, "Du temps offert", coup de cœur SFR Jeunes Talents.

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Du temps offert

"Garder une part d'inconnu qui nous permet de croire à autre chose", c'est ainsi que Nicolas Genette nous présente sa vision de la vie… et de la photographie.

Cette part d'inconnu est nécessaire à Nicolas Genette. En parfait breton, il va la chercher, l'explorer. Avec un sens incroyable de l'observation, il offre son intuition et ses émotions à la nature comme aux hommes qui voudront bien croire et prendre le temps de vivre. Sa curiosité ne le porte pas à vouloir tout savoir. Seulement à voir, entendre, rencontrer. Il profite de la nature sans la modeler jamais. Il prend tout ce qui veut bien s'offrir à son objectif et nous restitue cette approche artistique avec pureté et tradition. Et Nicolas Genette en est conscient : derrière notre écran, on fera ce que l'on voudra. Mais si, comme lui, l'on s'accordait un peu de temps et de curiosité, nous serions, nous aussi, affamés de vie. Affamés, mais jamais comblés parce que l'hêtre que l'on regarde, la fumée qui s'envole ou l'infini brumeux de l'océan ne nous offriront jamais aucune réponse. Et c'est tant mieux."

Commentaire sur "Brise n°4", par Christian Caujolle, Directeur Artistique de l'agence VU.



Joli, presque trop joli. Une vision d’été comme on se surprend parfois à les enregistrer, à les valoriser, à se les approprier quand rien ne perturbe le regard et que la contemplation est enfin un moment de repos.

Source : SFR Jeunes Talents

markerNovembre 2008, Publication d'une des photos de la série "Ocean", "CapBreton" dans le numéro 8 du magazine Croate BULB MAGAZINE.

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Bulb magazine
Source : Blur magazine

markerAoût 2008, "Nicolas Genette, la poésie du rien", par Didier Vereeck.

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FoveaFovea"Nicolas Genette ne fait pas uniquement ce genre de photos (loin de là), mais je les ai retenues car elles rendent toute la poésie de la matière. Elles forment en quelque sorte des haïkus photographiques tant elles donnent une idée du rien au milieu du tout, du vide central inhérent à toute chose. Certains diront que tout cela est zen, je dirais : pas seulement, ou alors dans le sens profond du terme, celle que les aphorismes nous font toucher du doigt.
Ces photos ne sont pas simplement minimalistes, elles donnent à voir le mystère. On reste coi, la réponse au quoi devient vaine.

FoveaOn est en confiance car on reconnaît le sujet de la photo, ou du moins on croit le reconnaître. « Ah, oui, c'est ceci ou cela » et ainsi, sans y prendre garde, on se retrouve à tutoyer l'essence du monde. Bravo Nicolas ! Et merci de créer cette brèche dans notre quotidien, un petit éveil supplémentaire vers l'essentiel.
Il ne vous reste plus qu'à aller visiter le beau site de Nicolas Genette où il y a également à lire. Il ne s'agit pas seulement d'un site de photos, mais d'un site de photographe : l'homme est derrière, manifestement. L'approche simple et pure invite d'ailleurs à le connaître."

Source : vereeck.romandie.com

markerJuillet 2008 : "Interview d'un photographe qui shoote au feeling, au ressenti, à l'instinct et sort ainsi des clichés d'une grande sensibilité", par Vincent, Photo-scope.

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"- Bonjour Nicolas, pouvez-vous décrire rapidement votre parcours ?
Bonjour, et merci de m'accorder un peu de votre espace.
Je suis issu d'une formation scientifique, mais j'ai depuis tout petit ressenti le besoin de créer. En parallèle de mes études, je me suis donc mis à l'informatique, attiré par l'image de synthèse et la souplesse de ces outils. J'ai arrêté un deug en biologie quand on est venu me chercher pour travailler dans la 3D, et j'ai continué mon chemin là dedans, pour finalement m'associer afin de monter un studio de création graphique pour l'architecture et l'urbanisme, ce qui me nourrit et me passionne encore aujourd'hui.
Mais c'est aussi la professionnalisation de cette passion qui m'a amené à la photographie, de nouveau ce besoin de créer sans contrainte, librement, et aussi avec des outils beaucoup plus simples et une approche du sujet complètement différente, beaucoup plus instinctive, moins technique.

- Qu'est-ce qui a motivé votre choix de vous orienter vers la photographie de la nature et parfois abstraite ?
Depuis tout petit, j'ai toujours été extrêmement observateur, curieux, et tenté de comprendre ce qui m'entourait. Et ce qui m'entourait, c'était et c'est encore principalement la nature et la mer. J'ai toujours été très sensible au graphisme pur, à l'élégance de certaines courbes, à la présence de certaines lumières. Beaucoup plus qu'à des sujets particuliers, je dirais même que le sujet, je préfère qu'on l'oubli, c'est plutôt un support pour exprimer un ressenti, une émotion. Paradoxalement, la physique m'a également beaucoup ouvert les yeux sur le coté abstrait du monde. Plus on se rapproche de la vérité, plus on s'éloigne de la réalité. La science n'est qu'une partition, une suite de concepts essayant de formaliser la poésie du monde, et elle arrive à un point où science et philosophie ne sont plus qu'un. La photographie me permet ainsi de sortir ces petits morceaux de ma perception intérieure, bien plus présente et riche que la vie réelle, pourtant bien riche et agitée aussi. Je n'ai donc pas chercher à m'orienter vers un type de photographie en particulier, j'ai simplement laissé faire les choses. Quand quelque chose m'inspire, m'interroge, j'y vais …

- A travers vos clichés et vos récits, on devine quelqu'un de très sensible et poétique. En quelques adjectifs, comment qualifieriez vous votre travail ?
Aie, grillé ! Je suis effectivement extrêmement sensible, sans doute trop. Inversement, c'est cette sensibilité exacerbée qui me permet d'avancer et de créer, et même de voir et de comprendre, donc je le vie plutôt bien ! Mais je suis aussi très pudique, ce qui revient à tenir une braise bien rouge dans ses mains ! Faut juste apprendre à jongler avec sans se brûler …
A la base de toute prise de vue, ce qui m'attire, c'est l'équilibre et l'esthétisme. Ensuite, certaines se veulent plus graphiques, d'autres un peu plus conceptuelles, et certaines peu être philosophiques. Poétiques je ne sais pas, mais c'est une notion qui me plait bien

- Pouvez-vous choisir une collection qui vous tient particulièrement à coeur et commenter quelques photos ?
Compliqué ! Beaucoup me tiennent à coeur, sinon je ne les publierai pas d'ailleurs.
Prenons la collection Divergence, qui est peu être la plus controversée. Certains n'y voient rien, alors que d'autres adorent et peuvent rester des heures devant (j'exagère un peu …). Ce que j'aime beaucoup dans cette série, qui est pourtant l'une des plus compliquée en prise de vue, c'est qu'il n'y a rien ! C'est de la lumière à l'état pur, ce qui donne un environnement totalement onirique. Car ce rien, c'est ce qui va permettre de créer le tout ! Comme si je donnais à ceux qui la regarde des clés vers d'autres mondes, d'autres réalités, mais sans toutefois leur indiquer les portes ! Et le plus beau, c'est justement quand ils me racontent par où ils passent !
La série Fovéa est plus conceptuelle. Par exemple, avec « disparité culturelle », j'ai voulu illustrer la différence. Deux prises de vue de la même scène, du même endroit. Juste pour montrer que ce n'est pas parce qu'on regarde la même chose, qu'on voit la même chose. La réalité n'a rien d'absolue, elle est même très relative, à se demander si elle existe ! « Pensar puede matar », ça c'est un cri de ras le bol contre cette société qui forme des moutons, des gens qui ne réfléchissent plus, qui n'ont plus de recul, qui font bêtement ce que le « prêt à penser » leur montre … Pour finir, « le passage » et « l'autre passage » illustrent deux chemins différents qu'on peu prendre dans sa vie, mais je ne vais pas développer maintenant …

- Quel matériel photographique utilisez-vous ? Avez-vous éventuellement quelques conseils à donner sur le plan technique ?
J'ai enfin remisé mon 300D pour racheter en début d'année un 1DsII d'occasion, car j'était trop limité en terme de taille et de qualité de tirage, sans parler du boîtier lui même. Ensuite vient la panoplie des optiques L, trépieds, studio avec flashes, diffuseurs etc etc.
Le seul conseil technique que j'aurai à donner, c'est d'oublier la technique ! Il ne faut pas oublier que la technique ne crée rien, c'est uniquement un outil. Il faut choisir son matériel et travailler la technique en fonction de ses besoins, puis l'apprivoiser, la connaître parfaitement, précisément, pour l'oublier complètement et s'en libérer. C'est uniquement après ça qu'on est réellement libre de créer. Il est d'ailleurs malheureux de voir que sur 95% des sites de photos, tout tourne autour du matériel ou des logiciels, on ne parle que très rarement de photos … Beaucoup se contente d'utiliser un outil, au lieu de simplement ouvrir les yeux.

- Avez-vous des projets pour la fin de l'année et les années à venir ?
Oui bien sur, plein ! Suivant les périodes et les humeurs, chaque collection va évoluer. Ce ne sont pas les idées ni les envies qui manquent. Et comme je suis bourré de questions sur la vie, sur l'existence, sur le monde, j'ai pas fini d'essayer d'y répondre … L'une des rares choses dont je suis sûr : c'est vraiment la photographie artistique, la création pure et sans contrainte, à l'instinct mais réfléchie (!!) qui m'attire. Mon but maintenant est aussi d'exposer, et de trouver un agent qui me permette d'avancer dans cette démarche. Et c'est déjà pas mal de savoir où on veux aller

- Merci Nicolas, au plaisir d'avoir prochainement de vos nouvelles
Merci à vous, et à bientôt !

Source : Photo-scope

markerFévrier 2007, Publication d'un portfolio sur un texte de Babarisso "La princesse au pinceau" sur le site des éditions Luigi Castelli

 
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