Pages Blanches

Pages Blanches 5, Fovea, @ Nicolas GenetteQuoi de plus propice au voyage qu’une page blanche ? Elle peut certes être angoissante, synonyme d’un manque d’inspiration. Elle peut être le point de départ d’une profonde réflexion, de la formalisation d’impressions, de sentiments. Un pèlerinage dans l’inconscient. Elle nous force au questionnement, à avancer, à écrire un chemin.
Ne vous êtes vous jamais retrouvé dans une pièce vide, toute blanche ? Angoissant ? Non, au contraire, un véritable espace de liberté, où tout est à faire, à dessiner, à imaginer. La définition d’un futur à écrire. Il faut avancer, car cette page ne peut rester blanche, l’échec serai là. Mais avancer comment, vers où ? Pourquoi ? Voilà un exercice intéressant. Et comment un photographe pourrait-il y répondre ? Sans crayon, sans pinceau ?

Pages Blanches 2, Fovea, @ Nicolas GenetteIl fallait que je me prête à cet exercice. Avec pour seuls outils un boitier, un objectif, et de la lumière … et quelques feuilles ! A priori rien de plus simple, et comme j’aime l’épure et la simplicité… Mais la simplicité n’est pas simple ! D’autant plus que je souhaitais vraiment en faire quelque chose en tant que tel, sans dessiner ou écrire dessus, sans les « noircir », pour ne pas les renvoyer à leur fonction de support. Une sorte d’hymne de la page blanche !

Pages Blanches 11, Fovea, @ Nicolas GenetteEnfermé au studio plusieurs journées à courber, plier, tourner, éclairer, cadrer … Pourquoi ? A jouer avec des feuilles de papier ? En quelques sortes, mais pour aboutir à ces Pages Blanches, figées dans la ressemblance, dans la pureté, la virginité. Mais ouvertes vers la différence, dans le ressentie et dans l’imaginaire. Jouant avec la lumière, dessinant ces volumes, ces ombres, ces formes, ces chemins. Finalement, il semblerai qu’on puisse faire beaucoup à partir de rien… Et c’est là que les choses intéressantes commencent …

Collection Fovea, N.Genette
Pages Blanches 3, Fovea, @ Nicolas Genette

Pages Blanches, Janvier 2014, collection Fovea.

« Ecrire, c’est noircir une page blanche ; mettre en scène, c’est éclairer une boîte noire. »
Citation de Joël Jouanneau.

In English :
What could be more conductive  to a trip than a blank page ? Sure it can be anxious, meaning lack of inspiration.  It can be the starting point of deep reflection, the formalization of impressions, feelings. A pilgrimage in the unconscious. It forces us to question, to move forward, to write a path.
Never been yourself in a full white, empty room ? Scary ? No, on the contrary,  a real space of freedom, where everything is to be done, drawn, thinkable. The definition of future to write. We must go forward, because this page can’t remain white, the failure shall be there. But how forward, towards where ? Why ? Here is an interesting exercise. And how a photographer could answer it ? Without pencil, without brush ?
I had to go along with such exercise. With only a body, a lens, and light … and a few sheets of paper ! seemingly nothing more simple, and as I like clean and simple work … But simplicity isn’t so simple ! Especially since I really wanted to do something as such , without drawing or writing on, without darkening them, not to refer to their support function. A sort of hymn of the blank page !
Locked in the studio several days to bend , fold , turn , light , frame … Why ? Playing with sheets of paper ?  In a sense, to end with these blank pages, fixed in the likeness, in the purity, virginity. But open to the difference in the feel and imagination. Playing with light, drawing these volumes, these shadows, these forms, these ways. Finally, it would seem that we can do a lot from nothing… And that’s where the interesting things begin …

Publié par

Nicolas Genette

Auteur Photographe

Postez un commentaire