Pose longue, trucs et astuces

English version
La photographie en pose longue permet de fixer le temps qui passe, et donc les mouvements, en réduisant délibérément la lumière transmise au capteur/film pour allonger les temps de pose.
La pose longue est utilisée principalement pour les paysages, notamment les paysages marin, inspirant souvent le calme et la sérénité. Pourtant, ce type de photographie peut-être stressant et compliqué à obtenir. En effet, vous vous retrouverez bien souvent à courir dans les rochers, évitant les vagues, avec plusieurs Kgs de matériel sur le dos. Priant pendant plusieurs minutes pour qu’aucune vague ne ruine votre matériel pendant la préparation et la prise de vue. Optimiser votre process sur le terrain est donc important pour travailler vite et bien, et se concentrer surtout sur le meilleur endroit et le meilleur cadrage.
La photographie en pose longue est assez technique et requiert une bonne compréhension et nombre d’accessoires. Réalisant ce type de prises de vue depuis une dizaine d’années, j’ai pu utiliser et tester différents matériels et accessoires, ceux-ci ayant fortement évolués. Je vais donc essayer de vous proposer ici des solutions pour vous rendre la vie plus simple sur le terrain.

La Gachère 2, Bretignolles, Mai 2014
La Gachère 2, Bretignolles, Mai 2014.
70mm ISO100 f/9 143sec
  • Boitier photo

La première chose qu’il vous faut est évidemment un boitier. Vous pouvez même mettre un objectif dessus !
Mais tous les boitiers photo ne sont pas égaux pour les poses longues. Il est préférable d’avoir un boitier qui ne génère pas de bruit excessif. La plupart des boitiers ont une fonction ‘réduction de bruit pose longue‘ (LENR pour Long Exposure Noise Reduction), mais personnellement, je préfère utiliser un boitier qui me permette de ne pas l’utiliser (!). Cette fonction demande au boitier de prendre une deuxième prise de vue avec l’obturateur fermé, pour ensuite soustraire cette prise de vue qui ne comporte que le bruit généré par le capteur.

Cette fonction LENR peut paraître intéressante, mais elle double toutes les prises de vue ! Si vous déclenchez pendant 3mins, elle provoque une autre prise de vue de 3mins ! Pour chaque prise. Les poses longues sont souvent réalisées à l’aube ou au crépuscule alors que la lumière change rapidement, et doubler tous les temps de pose peut vous faire rater de belles photos, sans parler des courbatures à attendre deux fois plus longtemps à chaque pose. Chaque prise de vue nécessite du temps, pour mettre en place le trépieds, cadrer et faire le point, mesurer la lumière, trouver la bonne combinaison de filtres, et attendre les bonnes conditions (lumière, nuages, vagues, etc), et finalement déclencher et attendre pendant la pose. Doubler chaque temps de pose n’est donc pas forcement souhaitable !

J’utilise actuellement un Sony A7R, dont le capteur est excellent pour ça. Les 5Ds/r et A7RII par exemple, bien que plus récents, sont moins bons pour les poses longues, générant trop de bruit.

La dernière chose à vérifier sur votre boitier est qu’il possède un mode BULB. Ce mode permet d’étendre le temps de pose au-delà des 30s. Vous pouvez ainsi laisser l’obturateur ouvert autant de temps que vous voulez. Vous déclenchez une fois pour l’ouverture, et une seconde fois pour la fermeture, contrôlant ainsi le temps de pose. On en reparle plus bas.


  • Trépieds
Trépieds MePHOTO GlobeTrotter
Trépieds MePHOTO GlobeTrotter.
41cm replié

Laisser ouvert l’obturateur aussi longtemps induit que le moindre mouvement ou vibration du boitier se verra en floutant la prise de vue. Il faut donc un trépieds robuste pour éviter tout mouvement, de l’obturateur mais aussi ceux causés par le vent. Dans le sable, le simple fait de marcher autour du trépieds peut flouter la prise de vue.

Pendant plusieurs années, j’ai utilisé un Gitzo 6x Systematic. Ce trépieds est indéniablement l’un des plus stable, mais il est encombrant et reste long même replié. Pas très pratique donc sur le terrain. Il est maintenant dédié au studio, et j’utilise désormais un petit trépieds MeFOTO GlobeTrotter. Celui-ci est très stable également, mais surtout beaucoup plus petit et donc plus pratique à transporter. Il ne mesure que 42cm replié, vous pouvez également inverser la colonne pour photographier au ras du sol. Facile à accrocher au sac photo, vous pouvez également le garder en cabine sur les vols.

Il existe énormément de trépieds différents, dépendant de ce que vous recherchez. Aluminium, carbone, nombre de sections, diamètre des jambes, différents mécanismes de verrouillage, hauteur déplié, etc. Attention toutefois à ne pas aller du coté des moins chers, vous risquez de finir de toute façon par en acheter un meilleur, ce qui coutera plus cher au final. N’espérez pas faire des poses longues sans un bon trépieds !

Vous aurez également besoin d’une bonne rotule, quelque soit le type (ball, 3D, panoramique etc). Pouvoir réaliser un cadrage précis rapidement est important pour éviter les pertes de temps, les rotules bas de gamme étant souvent imprécise, modifiant le cadrage lors du verrouillage. Je recommande également d’utiliser des platines de type ARCA, étant le standard (robuste et fiable) et répandu chez les principaux fabricants.

Avant de déclencher l’exposition, assurez vous également que tous les verrouillages sont bien verrouillés, sur chaque jambe du trépieds et sur la rotule. Un verrouillage desserré peut provoquer des vibrations.

Enfin, pour éviter tout mouvement lorsqu’il y a du vent, j’utilise toujours un sac de sable que je remplis de sable ou de cailloux, fixé sur la colonne du trépieds pour le stabiliser. Il en existe de très nombreux un peu partout, l’important étant de lester le trépieds pour le rendre plus stable.

Sac de sable
Sac de sable accroché à l’embase pour plus de stabilité.

Astuce:
La plupart des trépieds ont un crochet en bas de la colonne pour accrocher un poids. Mais si le cadrage le permet, il est préférable d’éviter d’étendre toutes les sections des jambes du trépieds, spécialement les dernières de plus faible diamètre. Plus bas sera le trépieds, plus stable il sera. Vous éviterez également de sortir la colonne centrale. Dans une telle configuration, le bas de la colonne est alors trop bas pour attacher un poids sans qu’il touche parterre, le rendant inutile. Une astuce consiste à mettre un bout sur l’embase de la colonne, pour pouvoir y accrocher le sac de sable plus haut.

Pointes de trépieds:
La plupart des trépieds ont des pointes vissées, permettant d’en changer.
Il existe principalement trois types de pointes:
– Pointes caoutchouc (Rubber feet) : Utilisées principalement sur des surfaces lisses, généralement en intérieur. Étudiées pour absorber les vibrations et avoir un bon grip, elles peuvent être instables sur des sols irréguliers.
– Pointes métal (spikes) : Utilisées en extérieur, sur des surfaces irrégulières comme cailloux, herbe, etc. Inversement, elles peuvent glisser sur des sols lisses.
– Semelles (Big feet) : Celles-ci sont spécialement conçu pour les sols malléables comme le sable ou la neige, évitant au trépieds de s’enfoncer pendant la prise de vue.
Quelque soit votre choix, assurez vous de planter fermement le trépieds !


  • Filtres à densité neutre (filtres ND)

Pour pouvoir avoir des temps de pose longs, voir très longs, surtout en plein jour, vous aurez souvent besoin de filtres ND (Neutral Density). Ces filtres sont comme des lunettes de soleil pour votre objectif, réduisant la lumière passant dans l’objectif et donc atteignant le capteur, provoquant des temps de pose plus longs.

Filtres Lee
Filtres Lee.

Il existe de nombreux filtres ND sur le marché, de différents fabricants et de différentes densités, autorisant différents facteurs de réduction du temps de pose. Ils sont référencés soit par leur densité optique, par leur réduction d’ouverture (en diaph),  ou par leur coefficient de temps de pose.
Par exemple, un ND 0.6 (densité optique) est identique à un ND102 (2 diaphs de réduction) ou un ND4 (1/4 de lumière transmise) . Ce filtre vous donnera 1s d’exposition pour 1/4s sans filtre.
Le filtre Lee Big Stopper, un ND 3.0, réduit la lumière de 10 diaphs (doublez 10 fois votre temps d’exposition). Pour 1/4s sans filtre, vous obtiendrez 256s (4min16s) !

Ces filtres coupent tellement la lumière, qu’une fois montés sur l’objectif, vous aurez du mal à cadrer ou à faire le point. Vous devrez la plupart du temps cadrer et faire la mise au point sans filtre. Il est préférable de passer en mise au point manuelle, faire une mise au point précise en zoomant avec le live-view, noter la mesure de lumière, et enfin monter le(s) filtre(s) pour déclencher.
Les filtres ND, bien que censés être neutre, peuvent donner une dérive colorimétrique. Une raison de plus pour utiliser le format raw.

Il existe deux types de filtres ND : Les filtres circulaires à vis, et les filtres rectangulaires, nécessitant un porte filtre et un adaptateur sur l’objectif.

Porte filtre Lee avec le Big Stopper
Porte filtre Lee avec le Big Stopper (10 diaphs) et le pare soleil.

Vous trouverez nombre d’articles sur le net vantant les mérites de l’un ou l’autre type de filtre. Personnellement, après avoir utilisé les filtres vissant pendant des années, je suis passé avec satisfaction aux filtres rectangulaires depuis quelques temps. Cette solution impose de transporter plus de choses, mais leur utilisation est bien plus pratique sur le terrain. Vous pouvez cadrer et faire le point sans filtre, et monter le porte filtre en un instant, sans risquer de changer la mise au point en vissant quelque chose au bout de l’objectif. Avec les filtres rectangulaires, vous pouvez également utiliser des filtres dégradés. Vraiment plus facile et pratique, mais généralement plus cher.
Un bon filtre pour débuter est le filtre circulaire B+w ND110, disponible dans les diamètres les plus courant.
Lee propose différents systèmes de filtres rectangulaires de très bonne qualité :  Filtres, porte-filtres, adaptateurs d’objectifs et de nombreux accessoires.
Vous pouvez également regarder du coté des filtres Firecrest de Formatt-Hitech, disponibles en circulaire ou rectangulaire, notamment les Firecrest 16 ! Ils sont également compatible avec les porte filtres Lee (en 100mm).
Il existe également des porte filtres moins cher, comme les SRB, mais je ne les connais pas.

Astuce:
Avec un porte filtre, surtout en superposant plusieurs filtres, vous pouvez obtenir des réflexions de lumière visible sur la prise de vue. Pour éviter ça, prenez une écharpe noire avec vous, et posez la sur le porte filtre (pas devant ) pendant l’exposition.
Avec un boitier reflex, pensez également à fermer l’obturateur du viseur. Si votre boitier n’a pas d’obturateur sur le viseur, votre écharpe devrait être assez longue pour le couvrir également. Les appareils non reflex n’ont pas ce problème, puisqu’ils n’ont pas de prisme ni de miroir (mirrorless).

Trescadec, Audierne, Mai 2014
Trescadec, Audierne, Mai 2014.
19mm ISO100 f/8 67sec
  • Télécommande

Pour empêcher tous mouvements du boitier pendant l’exposition et éviter ainsi les flous de bougé, on évitera d’utiliser le déclencheur du boitier. De plus, les déclencheurs sur les boitiers ne permettent pas de bloquer celui-ci, et vous n’allez pas rester appuyé sur le déclencheur pendant plusieurs minutes …
La solution consiste à utiliser une télécommande, avec la possibilité de verrouiller le déclencheur. Verrouiller le déclencheur consiste à appuyer une première fois pour ouvrir l’obturateur, puis une seconde fois pour le refermer, n’ayant pas à rester appuyé pendant le temps de pose (mode BULB).

Une télécommande sans fil (Wireless remote trigger), infra-rouge ou radio, peut être utilisée si elle permet le verrouillage. Malgré tout, j’éviterai les télécommandes infra-rouge, car le capteur infra-rouge est la plupart du temps à l’avant du boitier, ce qui n’est pas très pratique. Les déclencheurs radios sont nettement plus pratique, mais plutôt utilisés en studio. Très peu possèdent un verrouillage du déclencheur, et surtout, ils ont besoin de batteries, source de panne sur le terrain. Ils peuvent aussi occasionner des interférences visibles sur la prise de vue.

Télécommande filaire pour boitiers Sony et Canon
Télécommande filaire pour boitiers Sony et Canon.

Une télécommande filaire (Wired Remote Trigger) est une télécommande reliée au boitier avec un câble, permettant de verrouiller l’obturateur autant de temps que vous voulez (avec le boitier en mode BULB). Vous pouvez en trouver de vraiment pas cher, et elles ne nécessitent pas de batterie. Vous pouvez facilement l’attacher à votre trépieds avec une bande velcro, ce qui évitera de la chercher dans une poche ou de l’oublier à la maison.
Ce qu’il y a de très pratique, c’est qu’elles vous permettent de contrôler exactement le temps de pose puisque c’est vous qui décidez quand refermer l’obturateur. Vous pouvez ainsi décider d’exposer plus ou moins longtemps si les conditions de lumières changent pendant la prise de vue.

Une télécommandes Wifi (Wifi remote trigger), si disponible sur votre boitier, vous permettra d’utiliser votre smartphone comme télécommande. L’application utilisée devra proposer le mode BULB. Sachez toutefois que cela consomme beaucoup de batterie, à la fois sur le smartphone, mais aussi sur le boitier du fait du wifi. J’éviterai donc, les poses longues étant déjà suffisamment gourmandes en batterie pour le boitier.

Triggertrap connecte directement votre boitier à votre smartphone
Triggertrap connecte directement votre boitier à votre smartphone.

Triggertrap Mobile est une combinaison très abordable d’une télécommande filaire et d’un smartphone. Cette solution est constituée d’un dongle connecté au smartphone, d’un câble propre au boitier connecté au dongle, et d’une application gratuite sur le smartphone (iOS ou Android). Tous les contrôles de déclenchement sont alors déportés sur le smartphone. Avec juste un autre câble pour un boitier différent, vous pouvez réutiliser le même dongle. Cette solution propose un panel de fonctions surprenant, et l’application possède un calculateur pour les temps de pose avec filtres ND (ND calculator).
Update 31/01/2017: Triggertrap n’est plus ! Je ferai une mise à jour si je trouve autre chose, en attendant cette solution fonctionne toujours bien sur, mais dans le temps ce n’est pas viable car une mise à jour des systèmes Android ou iOS peut le rendre inopérant du jour au lendemain.

 


  • Sur le terrain, trucs et astuces
Références des filtres ND
Références des filtres ND.
Jamais loin des yeux.

Références des filtres ND : Vous finirez probablement par utiliser différents filtres ND suivant l’effet désiré et les conditions, et à chaque prise de vue, vous aurez à calculer votre temps de pose avec filtre(s) suivant le temps de pose normal.
En utilisant plusieurs filtres en mème temps, vous aurez également à connaitre la réduction de diaphs totale.
Un truc tout simple est donc de conserver les références de vos filtres directement sur le trépieds, prêt de la télécommande (et pas au fond du sac photo ou d’une poche). Le calculateur de Triggertrap fonctionnant avec la somme des diaphs de chaque filtre, c’est ainsi très rapide de retrouver les bonnes valeurs sans avoir à se remémorer les propriétés de chaque filtre.
L’important sur le terrain est de faire de bonnes prises de vues, pas d’utiliser un tas de trucs purement techniques avec des chiffres partout. Conservez un process simple et restez concentré sur la prise de vue !

NDCalc2 iOS
NDCalc2 iOS app

Application iOS NDCalc2 : Cette application, presque gratuite (1€), vous permettra de gagner beaucoup de temps, en calculant pour vous les temps de pose avec filtre(s).
Une fois enregistrés vos différents filtres dans l’application, vous aurez juste à indiquer le temps de pose normal (sans filtre) et le(s) filtre(s) utilisé(s) pour obtenir le temps de pose. Vous aurez alors à déclencher sur la télécommande et sur l’appli en même temps, et refermer l’obturateur une fois le temps écoulé sur l’application.
Utiliser NDCalc2 et une télécommande filaire accrochée au trépieds représente un process rapide et simple.

Application iOS MotionX GPS : Cette application, très abordable (2€), vous permet d’enregistrer votre trace GPS sur votre smartphone. Une fois enregistrée, vous pouvez vous envoyer votre trace GPS par email (sur mon iPhone dédié photo sans compte email ni carte sim, çà fonctionne ! J’ai juste à capter un wifi de retour à la maison ou à l’hôtel). Vous pouvez aussi les récupérer par iTunes.
Une fois la trace GPS récupérée, vous pouvez la synchroniser avec vos photos directement dans Lightroom. Pensez à maintenir votre boitier photo à l’heure.

Fixation Quad Lock
Fixation Quad Lock.
Étudiée pour le vélo, léger, petit et robuste !

Fixation Quad Lock : Pendant plusieurs années, j’ai utilisé une télécommande filaire accrochée sur le trépieds avec une bande velcro, et un smartphone avec l’appli NDCalc2 dans la main. Ça marche très bien, mais le smartphone m’a toujours embêté, le posant un coup dans le sac photo, un coup dans une poche, dans les rochers, …
Avec le dongle Triggertrap connecté au boitier, j’ai donc cherché une solution simple, légère et robuste pour fixer le smartphone au trépieds.
Pour une fois, je n’ai rien trouvé d’intéressant du coté des accessoires photo (trop gros, trop lourd, impossible de replier le trépieds avec, etc.). C’est finalement du coté des accessoires de vélo que j’ai trouvé mon bonheur  : le système Quad Lock !

Quad Lock avec iPhone et Triggertrap
Quad Lock avec iPhone et Triggertrap

Quad Lock propose des étuis smartphone ou un pad adhésif (universal adaptor), et différentes fixations (vélo, adhésif, clip, trépieds, etc), tous compatibles bien sûr.
J’ai préféré prendre le pad adhésif, permettant de fixer l’iPhone en biais, afin qu’il soit vertical (ou horizontal) sur les jambes du trépieds qui sont elles, angulées.
Avant de le monter, essayez différentes positions et orientations pour s’assurer que le trépieds se repli bien et rentre dans le sac.

La fixation est en plastique, de bonne qualité, et extrêmement légère. Le smartphone est parfaitement et solidement verrouillé, et permet de changer de place entre les prises de vue sans tout démonter. Il suffit d’appuyer sur la partie bleu et de tourner un peu le smartphone pour l’enlever.

Ce système me permet maintenant d’avoir les mains libres pendant la prise de vue. Ce qui est pratique, pour ranger le sac photo avant de repartir, ou aller plus loin observer les lieux pour une prochaine prise de vue. Ou simplement de se dégourdir les jambes !
Si vous êtes intéressé par ce système, voici une remise de 10% rien que pour vous

JerkStopper: TetherTools propose différents accessoires, nommées JerkStopper , pour éviter que les câbles tirent sur les prises de votre boitier et ne les endommage. Ça permet également de s’assurer que la prise reste toujours bien connectée, en donnant un peu de mou au câble. Pas une nécessité mais intéressant à avoir. Vous pouvez arriver au même résultat avec des bandes velcros sur les jambes du trépieds.

La Citadelle, Ile de Ré, Avril 2009
La Citadelle, Ile de Ré, Avril 2009.
120mm ISO100 f/11 15s
  • Planification

La photographie en pose longue est avant tout une histoire de composition et de conditions. Elle nécessite beaucoup d’efforts, et peut être très frustrante si on ne planifie et prépare pas un minimum les sorties.

• Évitez de placer le soleil dans le cadre. Autant de lumière pendant un temps de pose si long peu ruiner la prise de vue. Il est donc préférable d’étudier avant l’orientation solaire une fois sur place et de connaitre les bon créneaux horaires.
• Les nuages peuvent ajouter un effet dramatique, un ciel clair aura un rendu totalement différent. Selon ce que vous souhaitez, vous aurez sans doute à attendre les bonnes conditions météo.
• Le vent joue beaucoup également, sur le mouvement des nuages et de la mer (des arbres, etc.). Avec le temps, vous saurez ce que vous préférez, et saurez attendre les bonnes conditions de vent.
• Les marées ont un impact important sur la composition. Ayez toujours les horaires de marées des endroits où vous prévoyez d’aller, que ce soit par une application smartphone, un site internet, ou un almanach papier.

Comme vous le voyez, une belle photographie en pose longue ne dépend pas uniquement de votre matériel et d’un bel endroit. Il faudra savoir attendre la bonne combinaison de vos conditions préférées. Ce qui peut prendre des semaines, voir des mois. Je me souviens d’une photo que j’ai mis un an à faire ! Je me suis rendu cinq fois sur les lieux avec des conditions que je pensais bonnes, mais ce n’était pas forcément le cas, des fois un manque d’inspiration … La pose longue est aussi une histoire de patience.


  • Préparation du matériel

Avant de partir avec tout votre matériel, vous devriez préparer et vérifier tout ce dont vous aurez besoin une fois sur le terrain. Se faire une check-list pour être sûr de ne rien oublier n’est pas forcement idiot …
Chargez toutes vos batteries ! Batteries de secours, de smartphone si besoin, etc.
Si vous utilisez un porte filtre, montez les adaptateurs sur votre sélection d’objectifs, et laissez les pare-soleil à la maison (ou dans la voiture).
Nettoyez vos outils ! Filtres, capteur, objectifs. Vérifiez également votre trépieds (rincez le toujours si vous l’utilisez dans l’eau de mer).
  Quelques cartes mémoires ne seront pas de trop …
Vous risquez de passer plus ou moins longtemps à courir dans les rochers ou dans le sable avec votre matériel sur le dos, s’arrêter quelques minutes pour une prise de vue, repartir, etc. Ne soyez pas prétentieux, prenez une bouteille d’eau et quelques barres alimentaires. Et pour les fumeurs, n’oubliez pas votre cendrier portable !

Finalement, n’oubliez pas que le plus important, ce n’est pas votre matériel, mais vous ! Vous pouvez avoir le meilleur matériel de la planète, si vous n’avez pas d’endroit qui vous inspire et les bonnes conditions météo, ça ne vous servira à rien. Le matériel n’est qu’un outil, l’important est ce que vous avez à dire !

Porh-Kerhouet, Erdeven, Août 2015
Porh-Kerhouet, Erdeven, Août 2015.
65mm ISO100 f/8 87sec

Publié par

Nicolas Genette

Auteur Photographe

11 réflexions au sujet de « Pose longue, trucs et astuces »

  1. Très bien expliqué … vous dites que le 7RII n’est pas bon pour de la pose longue ???? plus de pixels c’est mieux ! Car les problèmes de bruit (ou de compression), sont « plus petits » (proportionnellement à la largeur totale), donc moins visibles… nan ?

    1. A technologie identique, votre raisonnement est bon. Mais l’A7RII a changé de techno (capteur BSI) et génère des aberrations (confettis) en pose longue. C’est assez bien documenté sur d’autres sites.

  2. un nouveau firmware pour le r2 et le a72 ou tu as l option d avoir des raw compressé lossless ou non sa va aussi changé la donne 😉

    1. Non, c’est autre chose. Cette nouvelle option ne permet pas d’avoir des raw compressé sans perte (lossless), mais des raws non compressés. Mais ceci joue uniquement sur l’enregistrement du fichier raw par le boitier, et ne change rien à ce que donne le capteur. Le problème vient du capteur, pas du raw. Ce format non compressé a été fait pour éviter les artefacts qui apparaissent parfois dans des zones de transitions à fort contraste, c’est autre chose.

  3. Bonjour,
    Merci pour cet article très pédagogique.
    Petite question, quelle mesure d’évaluation de la lumière utilisez vous ? Et où mesurez vous votre exposition ? J’ai souvent le problème d’avoir les hautes lumières cramées en utilisant un filtre ND 1000. Est il dans ce cas pertinent de superposer GND et ND ?
    Cordialement

    1. Bonjour Romain,
      Je suis en généralement en mesure évaluative, celle qui prend en compte la totalité du cadrage. Je mesure généralement sur une zone ‘moyenne’, ni les ombres ni les hautes lumières.
      Pour vos filtres, je ne pense pas que çà change grand chose, le problème vient principalement que la moindre erreur de mesure est décuplé par le temps de pose très long. Il faut donc, avec l’expérience, mesurer de la même façon, et ajuster la compensation d’expo en fonction de l’appareil, de la scène et du temps de pose.
      Je suis généralement à une compensation de + 2/3, je cherche à exposer au maximum à droite mais en gardant une petite marge pour ne rien cramer. Sur des temps de pose de la minute et plus, il faut aussi bien observer la lumière (nuages etc) entre le moment où vous faites la mesure, et durant l’exposition. Si la lumière augmente (le soleil qui sort des nuages par exemple) il faudra couper l’expo un peu avant le temps calculé. C’est surtout de l’expérience donc. Sur des temps de plusieurs minutes il faut vraiment connaitre son matériel et faire attention aux variations lors de l’exposition.

      1. Merci pour votre réponse. Du coup ai je intérêt à ouvrir toujours pareil style F/8 ou F/11 pour m’approprier au fur et à mesure l’exposition nécessaire sur des mêmes réglages . Après comme je l’avais lu sur le blog il me semble qu’il faut « préférer » une sur ex plus facilement récupérable qu’une sous ex (d’où l’expo à droite…).
        Merci !

        1. En restant sur la même ouverture tout le temps, votre temps de pose avec filtre va changer beaucoup. Donc au début il vaut peut-être mieux changer d’ouverture pour avoir des temps de pose assez proches, car c’est le temps de pose (long) qui amplifie les erreurs de mesure. Une petite erreur de mesure se verra presque pas à 30s de pose, mais sera énorme avec 4min de pose 😉 Pensez aussi à régler votre boitier pour afficher la photo avec les histogrammes, ce qui permet facilement après chaque prise de vue de vérifier.
          Vous pouvez aussi essayer chez vous, en lumière constante. Tous les filtres ND1000 (même marque/modèle) ne sont pas identiques, çà vous donnera une idée de la correction d’expo de votre filtre en particulier.
          Concernant l’expo à droite, oui mais sans cramer les hautes lumières car irrécupérable. Et comme les erreurs sont faciles en pose longue, il faut se garder un peu de marge. D’autant qu’avec des capteurs récent on peux facilement remonter les ombres.

Postez un commentaire